Publié le lundi 2 février 2009

Réflexions du fauteuil : le suicide chez les 50 ans et plus

02 02 2009

Cette semaine est consacrée à la prévention du suicide. L’Institut national de santé publique du Québec révèle que le suicide chez les 50 ans et plus a bondi de 27 % à 39,9 % entre 1999 et 2006. Cela signifie que 40 % des 1136 québécois qui se sont suicidés en 2006 faisaient partie de l’âge d’or.

L’Association québécoise des retraités de la fonction publique (AQRP) demande au gouvernement d’investir dans une campagne de prévention à l’intention des baby-boomers sur le modèle des publicités contre le tabagisme ou l’alcool au volant. On lui demande de mettre autant d’efforts dans la prévention du suicide chez les plus vieux qu’on l’a fait chez les jeunes avec un certain succès au cours des dernières années.

Peut-être est-il approprié qu’on investisse pour sauver la vie des quinquagénaires, mais j'en doute. Pour que ce soit efficace et acceptable il faudrait savoir pourquoi ils se suicident et s’il est raisonnable que les gouvernements se mêlent de leurs choix moraux. Il est évident qu’il faut tout faire pour sauver les adolescents qui ne sont pas outillés pour prendre une décision éclairée sur leur mort. Il faut les empêcher de passer à l’acte pour une peine d’amour, par solidarité avec leurs amis, pour des conflits avec leurs parents, leurs professeurs et les agresseurs, etc. Mais lorsqu’on a 50 ans et plus, ne sommes-nous pas entièrement responsables de notre destinée? Le gouvernement a-t-il le droit de venir dicter ma conduite et mes choix de vie et de mort? À mon avis, la réponse est non.

Prévenir le suicide des ainés relève de notre héritage judéo-chrétien où il est immoral de ne pas mourir de façon naturelle et en souffrant s’il le faut. C’est à mettre dans le même sac que la résistance à l’euthanasie et à l’administration de médicaments antidouleur efficaces pour les grands malades parce que ça pourrait les tuer. J’ai sous les yeux l’exemple de mon père qui perd la tête et n’a aucune qualité de vie depuis quelques années. À 85 ans, il n’a qu’un seul souhait, mourir le plus vite possible. Si sa religion ne lui interdisait pas le suicide et qu’on lui donnait les moyens de partir doucement au moment de son choix, il le ferait sans hésiter avec sérénité. Ça le rendrait heureux et nous aussi, ses enfants.

Je réclame le droit de mourir au moment de mon choix et de la manière dont je le désire. J’espère que d’ici là, les barrières morales seront tombées et que je pourrai choisir une méthode douce et sans douleur. Je ne veux pas être obligé de le faire dans la clandestinité et d’une façon barbare comme les aînés d’aujourd’hui.

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3 Commentaires :

Commentaire écrit le samedi 16 mai 2009 à 06:03:25 (lien)
kurt
je pense que le suicide est une sorte de détresse chez les personnes qui se sente délaisser par une société où les valeurs de la France ne sont pas respecter:
_ Egalité entre les jeunes et les personnes agées
_ Et surtout liberté de choisir son heure de mort.
Même si je suis jeune je me sens concerné car un jour je serai peut-être dans la même situation que vous.

Les gens vous oublient souvent mais la mort elle ne vous oublie pas, elle attend juste son heure pour arriver comme le ferait une vieille amie.


Commentaire écrit le mardi 10 février 2009 à 08:02:09 (lien)
Fred
Pas tout de suite s'il te plaît.
:o)


Commentaire écrit le lundi 2 février 2009 à 20:22:30 (lien)
Inter-note
En effet, la mort est une option envisageable lorsqu'elle est un choix.

Le danger est que le suicide soit une option parce que les ainés n'ont plus de choix.

50 ans c'est encore 10, 15, 20 ans à passer sur le marché du travail dans une société qui préfère embaucher les jeunes et qui ne reconnait pas l'expérience sous toutes sortes de fallacieux prétextes - tout pour ne pas rémunérer l'expérience au fond.

Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, les aînés sont valorisés seulement s'ils sont argentés - le fameux pouvoir gris.

Les autres sont stigmatisés socialement.

La qualité de vie bien des gens de l'âge d'or est loin d'être dorée.


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